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Recheche lutter contre des ravageurs sans frontières végétal
Annelien Tack
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Recheche lutter contre des ravageurs sans frontières végétal

Au travers du programme transfrontalier ÉCOPAD, la Fredon Nord-Pas de Calais et ses homologues de Belgique évaluent des méthodes de lutte contre plusieurs ravageur des végétaux.

 

 

Recheche lutter contre des ravageurs sans frontières végétal

D'un coté comme de l'autre de la frontière franco -beige, force est de constater que les problématiques qui se posent aux agriculteurs sont bien souvent les mêmes ; et souvent plus proches, coté France, de celles qui pourraient se poser à leurs collègues du sud. Depuis quelques jours, un nouveau programme de coopération transfrontalière entre sept orgariisations professionnelles techniques et stations de recherche* du Nord-Pas de Calais, de Flandre et de Wallonie est ouvert.

Son nom? ÉCO-PAD Son but est d'établir des passerelles entre différents partenaires autour de l'agroécologie et de la proteetion intégrée des cultures maraîchères et des légumes d'industrie. 11 concerne la Flandre et la Wallonie poui leversant belge, et la région Hauts-de-France pour leversant français. Concrètement, il s'agit de conduire des tnîvaux partagés en vue de réduire l'utilisation des pesticides sur un certain nombre de cultures en privilégiant la prévention, l' observation, et enfin la lutte.

LA PÉRENNITÉ DES CULTURES EN JEU

La réunion de présentation du programme Écopad, la semaine dernière au siège de la Fredon Nord-Pas de Calais a été l'occasion de voir quels axes prioritaires vont être. travaillés. En légumes d'industrie, I' alternaria de la carotte et les pertes de rendement qu'elle entraîne reste « un sujet de préoccupati on majeure », constate par exemple l'Unilet. Pour tenter d' apporter des réponses à cette difficulté, un programme de recherche conduit de part et d'autre de la frontière francobeige, « avec un protoeale partagé et les mêmes techniques de sernis », va pouvoir être engagé.

Le laboratolre d'analyses de la Fredon Nord-Pas de Calals conduit actuellement des tests sur Drosophlla Suzukii pour développer une méthode de lutte par plégeage. Dans une autre salie, on s'intéresse aussi à la mouche mlneuse du polreau. © v. FERMON

Le laboratolre d'analyses de la Fredon Nord-Pas de Calals conduit actuellement des tests sur Drosophlla Suzukii pour développer une méthode de lutte par plégeage. Dans une autre salie, on s'intéresse aussi à la mouche mlneuse du polreau. © v. FERMON

En production de fraises, c'est la lutte contre Drasophila Suzukii et les méthodes de piégeage qui devraient faire l'objet d'un programme de recherche. Enfin, en maraîchage, plusieurs méthodes de lutte contre des ravageurs émergents - on pense par exemple à la mouche mineuse sur paireau ou la chenille sur chou -,vont être engagées. Sans solutions efficaces contre ces ravageurs, c' est parfois la pérennité· de la culture qui est en jeu: « Depuis que Drasophila Suzukii est arrivée enFrance(lOlO), on a beaucoup parlé des dégàts sans avoir eneare beaucoup de solutions pour le contrer, constate Sandrine Oste, directrice adjointe de la Fredon Nord-Pas de Calais. Pour ce qui est de la mouche mineuse du poireau, que l'on connaît depuis plus longtemps sans que l 'on ait beaucoup de références, on constate que certains agriculteurs ont arrêté cette culture à cause de ce problème».

D'une manière plus globale, le projet Interreg Écopad doit permettrede tester des méthodes de prévention, le 
développement de nouveaux outils d' aide à la décision oude lutte directe.

UN PRÉCÉDENT BAPTISÉ EMMA

En matière de coopération transfrontalière sur la santé des végétaux, il existe des précédents, dont le programme EMMA (Échanges transfrontaliers pour le Maraîchage et la culture de fraises, favorisant les Méthodes Alternatives) qui s'est terminé en 2014. Soutenu par l'Union européenne avec le Fonds européen de développement régional (FEDER), le C onseil Régional Nord-Pas de Calais et la province OostVlaanderen, un guide pratique a été édité.

Ce guide compile les méthodes alternatives et les actions préventives 'visant la lutte contre les insectes et les maladies des principaux légumes cultivés dans les deux régions cornrne les poireaux, les chotix, la laitue, les endives, la fraise. De nouvelles fiches éditées à partirdes travaux du programme Écopad pourraient à terme y trouver leur place.

*PCG, Fredon Nord-Pas de Ca/ais, Póle Légumes Région Nord, Chambre d'agriculture Nord-Pas de Calais, Unilet, Carah et lnagro.

VINCENT FERMON, TERRES ET TERRITOIRES, terre pratique: VÉGÉTAL - 30 JUIN 2017 - pag 22.


Contre Drosophila Suzukii, des producteurs de fraises « en attente de réponses »

À Loos-en-Gohelle, Gaël et Loïc Bourgeois sont installés depuis deux ans sur une exploltation ou I' on produit des endives blos ef des fraises hors-sol sur une surface d'environ 8000 m2.

Cela fait également deux ans qu'ils mettent en oeuvre les principes de la protection biologique intégrée (PBI) avec un certain succès. Si l'exploitation des frères Bourgeois est aujourd'hui indemne de Drosophila Suzukii - « notre principale préoccupation concerne les acariens tétranyques », admet Gaël Bourgeois -, la mouche aurait déjà causé d'importants dégäts dans d'autres ateliers fraisicoles. Selon Sophie Brouard, technicienne er fraises » pour la coopérative Marçhé de Phalémpin, «on constate des dégats depuis une quinzaine de jours dans les variétés remontantes ».

Producteur de fraises et d'endlves bios, Gaël Bourgeois tient une attention particulière à la propreté de ses lnstallations pour éviter tout risque sanitaire. © V. FERMON

Producteur de fraises et d'endlves bios, Gaël Bourgeois tient une attention particulière à la propreté de ses lnstallations pour éviter tout risque sanitaire. © V. FERMON

Pour lutter contre ce parasite, il n'existe malheureusement pas de solution miracle: « La principale chose que l'en puisse faire, rapporte Sophie Brouard, c'est d'inciter les producteurs à nettoyer correctement leurs installations et d'éloigner au maximum les déchets. La meilIeure prévention contre la drosophile - est d'être strict sur Ie nettoyage des serres. En étant clean, on élimine déjà beaucoup de risques ». Gaël Bourgeois explique quant à lui Ie soin qu'il apporte à l'étape de la cueillette: « Ouand on cueille, on veilIe bien à ce que choque cuei/leur ait un seau pour y mettre les déchets. IIs sont ensuite stockés à l' écart. Drosophile ou pas, on enlève tous les fruits quine nous paraissent pas beaux, ceux qui sont gatés ou abÎmés. On enlève par principe tout ce qui n'est pas commercialisobie ». En agissant de manière préventive, il évite ainsi des interventlens chimiques qui viendraient remettre en cause l'application des principes de la PBI. Face au x équipes de la Fredon Nord-Pas de Calais et de leurs homologues belges, la technicienne du Marché de Phalempin contie « l'attente des producteurs vis-à-vis des stations de
recherche pour futter efficacement contre Drasophila Suzukii ».


VINCENT FERMON, TERRES ET TERRITOIRES, terre pratique: VÉGÉTAL - 30 JUIN 2017 - page 22.

 

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